NUUN

Sur la scène du théâtre de ma vie j’ai, très tôt, joué un personnage caméléon. J’étais capable de discipliner mes émotions, de me déprécier pour valoriser les autres acteurs jouant à mes côtés. Je fus une metteur en scène très soumise aux règles sociales, capable de noyer sous des voiles de rêves d’harmonie, de paix, d’amour doux,  l’expression créatrice et sensible de ma petite fille intérieure. De coups de vent légers en orages modérés, en orages plus durs, pour atteindre ces dernières décennies, des tempêtes violentes, le balayage de ma scène a déchiré … un … deux … et je ne sais combien de voiles.
Ils ont chu.
Je les ai reconnus, plus ou moins aisément.
Au fur et à mesure que Messager-Peinture a contribué à ma compréhension de leur nature, j’ai commencé à laisser vibrer plus joyeusement, plus librement ma Petite Fille intérieure .
Après un orage cette fin d’été, s’est envolé un voile et ma dernière peinture du 28 octobre vient le révéler.

De Chronos  à Noun

Ce matin-là, je suis entrée en salle de peinture, par inspiration et pourtant, sitôt les premières touches posées sur feuille blanche,  la domination de mental m’est apparue manifeste. Il ne comprenait pas les formes qui se posaient. Durant les deux heures de peinture son interrogation tournicotait dans ma tête  : « Sais-je réellement saisir  ce qui vient sous pinceau ou suis-je en train de laisser ego forcer ce qui se peint ? »

Chronos – Le temps – 29 octobre 2018

L’échauffourée a débuté avec la peinture lourde dans le premier cadran. Elle était  si sombre, si bagarre, si guerres intestines que l’émotion  qu’elle diffuse en mon ventre est sans mots.
Dès la création du second cadran, juste au dessus, l’agrégation des lignes courbes m’apaise, puis quand viennent des points noirs, leur côté sombre dérange mental, à nouveau.
Pour autant, je poursuis le chemin, toujours dans le sens des aiguilles d’une montre.
Le troisième cadran offre une barre de timonier. Il me donne le volant de ma Vie,  il m’autonomise. Je m’apaise, même si l’ensemble reste encore un peu lourd.
Voici le dernier cadran et ses courbes généreuses  …
Je suis en lien avec les rouages du temps.
La mécanique sourd en mental.
Je perçois mon temps, ma ponctualité, mes obligations, mes contraintes du faire, le rythme précis des aiguilles et toutes mes exigences qui soudain perdent la rigueur des lignes droites. Ici, elle se courbent, elles se penchent vers moi en douceur … jusqu’à ce que … des points lourds altèrent une nouvelle fois leur légèreté. Pourquoi ?

J’ai quitté peinture.
Le lendemain, j’ai lavé peinture.
En cet acte, j’ai été Conscience de laver Chronos, de nettoyer Saturne … d’ôter mes rigueurs … d’ouvrir ma porte à l’autre, au Père en moi. En fin de lavage, le décor tirait sur le bleu doux, et a laissé entrevoir une silhouette mariale et un enfant en refuge en ses bras … L’autre, la Mère en moi pouvait accueillir Petite Fille-moi libérée et joyeuse.

Combien sont étranges les liens que nous tissons avec l’Au-delà, les messages qu’Il nous envoie vibrent, résonnent en nous, se peignent sous pinceau, même en ces moments où nous nous croyons en porte-à-faux, en non-Ecoute.
Tout s’est clarifié quand j’ai pu voir, en ces cadrans et leurs lourdeurs, Chronos et ses quatre phases. Mental-Ego n’a point fait interférence avec Messager-Peinture. Via pinceau, Chronos m’a exposé le chemin suivi par mon nœud Nord(*) depuis ma naissance avec les lourdeurs de mes 18, 19 premières années peintes dans le cadran numéro un, puis l’allègement qui sourd dans le second cadran tout en révélant par ses points ma difficile reliance d’alors avec l’Au-Delà, je courrai après le temps, sans autre sens que courir après le temps pour faire et faire encore et toujours plus. En le troisième volet, Nœud Lunaire coïncide avec ma prise de conscience de mon libre-arbitre, du sens spirituel de la vie, je commençais à être le Maître de ma vie et j’ai continué ce chemin  jusqu’à la fin du quatrième cadran, jusqu’à la zone orageuse de l’été de mes 72 ans, jusqu’à ce lever d’un dernier voile.

De Noun à NUUN

Dernier cadran, tu démarres vraiment le 20 janvier 2000 quand Messager Peinture chez Marie Perret te manifeste en ma  petite-fille sans mains, aux pieds mal ancrés qui  se dirige vers La Lumière et s’enfonce dans ce tunnel  …
Ma petite fille pénètre la route de sa créativité reconnue  …
Elle plonge dans les Eaux Profondes des Poissons où baignent ses Racines astrologiques,
Elle plonge en Noun, en  l’océan primordial, en la zone sacrée de son chaos …
Elle est Noun : la lettre hébraïque.
« Noun qui vient bousculer les anciennes habitudes, et il n’est pas toujours facile de réaliser la beauté de cet Amour qui nous interdit de nous endormir sur le Chemin, car il prend parfois la forme d’une épreuve déstabilisante. Elle est pourtant l’alliée de notre âme de lumière qui nous pousse à grandir. Dans les profondeurs de notre être réside notre Ombre, cette partie de nous qui nous fait peur, que nous n’aimons pas, et que bien souvent nous renions. Elle peut prendre nom violence, terreur, rancune, orgueil, égoïsme… Elle peut nous apparaître comme une bête hideuse qui se cache à la lisière de notre inconscient. »

A  la fin de ce chemin , Soleil éclairera tout …

NUUN

Ainsi, ce 12 novembre, sur peinture lavée, petite-fille  atteint le bout du chemin.
Elle quitte la scène du théâtre de son enfance, théâtre de la vie familiale et le rôle de Sauveur qu’elle y jouait pour ne pas perdre l’Amour et l’Attention des autres membres de la famille. Par ondes porteuses, elle quitte toutes les scènes des théâtres similaires, ceux de tous les groupes auxquels elle a participé, participe encore et dans lesquels elle a excellé dans ce même rôle croyant encore ne pas perdre ainsi l’Amour et l’Attention des autres. Sur la scène où elle était actrice mais aussi metteur en scène, elle attribuait à chaque interlocuteur le rôle qui l’abritait -croyait-elle-  de ses peurs.
La scène n’est plus, les voiles qui en ce lieu théâtral recréaient petite fille, recréaient l’autre, tous ces voiles tombent.
Plus de costume, plus de scène. C’est la FIN de ses représentations. La FIN :  F , I , N .
Libérée, délivrée, elle/je change son regard sur la Vie, elle/je se reçoit sans écran protecteur, sans voiles, elle/je reçoit TOUS les Êtres qui croisent son chemin sans voile  … par NUUN se dévoile la réalité de chacun.
J’écoute. J’entends ces nouveaux sons. Je goûte ces nouveaux goûts.
« Nu … Un » … « Un… Nu ».

           NUUN – Petite fille libérée- Délivrée – 12 novembre 2018

Je souris de tout mon Être comme sourient sur le visage de peinture NUUN
mes yeux, mes joues, mon nez, ma bouche, ma gorge, mon cœur
toutes mes enveloppes d’amour venues de mon cœur,
toutes mes enveloppes d’amour venues de mon 3 ° œil,
toutes mes enveloppes d’amour venues de toutes mes liaisons directes avec Moi.
Me voici Nu … Un, Un … Nu.
Masculin et Féminin reconnus, Masculin et Féminin : Un
NUUN installée
NUUN animée de la Vie de celle qui Est ,
NUUN laissant morte celle qui n’est plus
Trou d’Air, Appel d’Air, Plein et Vide.
je suis UN avec ma petite fille intérieure, à cœur d’Elle, à cœur de la Vie,
je suis UN avec l’autre, à cœur de Lui, à cœur de la Vie
Je suis NUUN,
chacun est NUUN.
Fin du voile déformant !

(*) Tous les 18 ans et demi, le Nœud Nord de notre thème astral débute,un nouveau cycle karmique et nous oriente un peu plus vers notre devenir. Pareillement pour chaque être, le premier passage se fait vers 18 ans, lorsque l’adolescent prend son envol hors du contexte familial. Le second retour se fait vers 36/37 ans, le troisième vers 55 ans, le quatrième vers 73 ans, etc __________________________________________________________________________________________________________________________

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embruns qu’elle laisse aller à portée du vent.